« Ah oui, il y a besoin de faire quelque chose ici ! ». Cette phrase nous a été répété maintes et maintes fois : samedi 16 avril, les jeunes de l’UDB sont allés à la rencontre des Briochins sur le marché de la ville. Distribuant des tracts interpellant les chalands sur la dramatique situation des commerces en centre-ville, les Yaouank y ont reçu des avis quasi unanimes : la ville se meurt, il est urgent d’agir. Mais que faire ?
Interpellés par un article du journal des entreprises 22, repris par le Peuple Breton, une étude de l’organisme de sondage IFOP fait apparaître un nombre toujours plus important d’enseignes commerciales fermées dans la ville de 46 000 habitants. En 2016, la barre de 30 % des commerces fermés a été atteinte, avec plus de 180 locaux commerciaux vides. Pire encore, la progression a été phénoménale avec 20 % d’augmentation en un an (150 en 2015, 280 en 2016).
Inquiets de cette situation, les Briochins se sont confiés aux Yaouank sur les multiples raisons qui peuvent expliquer ce chiffre. En premier lieu, les commerces de centre-ville sont inévitablement fragilisés par le développement des zones commerciales périphériques, de Langueux et Plérin. Ces grands ensemble captent désormais une clientèle qui ne souhaite plus prendre le temps d’aller occuper des stationnements payants (lorsqu’elle trouve une place!) pour déambuler sans contrainte dans la ville. Car faire ses achats en ville a tout l’aspect d’une course contre le temps : avec seulement une heure de stationnement gratuit, il n’y a plus de possibilité de s’arrêter boire un café, d’aller fréquenter plusieurs commerces de proximité pour un produit spécifique, ou de passer du temps sur le marché. D’autant plus que l’attractivité du centre-ville ne correspond pas aux attentes des habitants et des touristes : il n’existe qu’un seul musée à Saint-Brieuc et la cathédrale est la seule rescapée d’un cadre architectural qui ne s’est en rien arrangé à travers le temps et les réaménagements. Les aires de loisir pour les enfants, adolescents n’existent pas, tout comme les espaces verts. En réalité, le centre-ville de Saint-Brieuc est davantage un lieu de passage express qu’un endroit où l’on s’arrête pour vivre, échanger, partager.
Car c’est bien là le problème majeur qu’accentuent encore davantage les fermetures massives d’enseignes commerciales dans la ville. Avec la perte de ces petits commerces, c’est tout un lien social de proximité qui se rompt, à l’image de ce qui s’est passé dans les bourgs des zones rurales. C’est désormais dans les grandes allées déshumanisantes des grands centres commerciaux que se croisent, sans se regarder, les consommateurs d’aujourd’hui et de demain. Inévitablement, les brasseries, bistrots et restaurants à l’authenticité chaleureuse voient leur clientèle désormais se tourner inlassablement vers les grandes enseignes sans saveur et les fast-food.
Des solutions existent pourtant pour maintenir des centres-villes et des centres-bourgs animés, en témoigne l’expérience du réseau d’élu BRUDED (http://www.bruded.org/). Les extensions de zones commerciales périphériques sont également de la responsabilité des élus ; ceux de l’UDB ont régulièrement plaidé contre, notamment dans l’agglomération de Saint-Brieuc. Contrairement aux discours résignés qu’on peut entendre, il n’y a pas de fatalité au marasme briochin !
Une réponse à “Saint-Brieuc devient-elle une ville morte ?”
Si le constat est juste, vous semblez oublier les causes suivantes :
– une poignée de propriétaires qui refusent de baisser les loyers exorbitants des locaux commerciaux ;
– l’ancien conseil général était à majorité PS et mettait des battons dans les roues au maire MoDem de Saint-Brieuc en autorisant les extensions des zones commerciales de Langueux et consort ;
– la baisse des dotations de l’État, qui ne permet pas de faire facilement du tout gratuit en terme de stationnement sans trouver d’autres solutions pour défrayer le fonctionnement et l’entretiens es infrastructures ;
– un contexte économique dans lequel ouvrir un commerce comporte beaucoup plus de risque qu’avant, et donc moins de personnes à vouloir prendre ce risque ;
– et une population de la Baie qui malgré tout apprécie d’aller à Langueux où déjà presque tout se trouve.
Sans tomber dans le fatalisme, je pense que sera bien malin celui qui trouve une solution concrète et durable à ces problèmes, plutôt qu’une simple parade.